Le problème des GAFAM
Les GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) représentent les entreprises dominant largement l'environnement numérique et faisant partie des plus riches et puissantes du monde.
D'autres entreprises se sont ajoutées à la liste depuis, mais celles-ci restent des piliers du capitalisme de surveillance et profitent d'une situation hégémonique particulièrement préoccupante.
Capitalisme de surveillance
Le capitalisme de surveillance (appelée parfois « économie de la surveillance ») est un mode de fonctionnement du capitalisme qui consiste à exploiter tout type de données générées par une personne pour prédire et orienter ses comportements.
Les entreprises baignant dans le capitalisme de surveillance revendent ces prédictions et ces orientations, que ce soit pour nous imposer une publicité ciblée au moment où nous sommes les plus vulnérables ou influencer nos idées politiques…
Des scandales comme Cambridge Analytica sont directement issus du capitalisme de surveillance.
Il faut ainsi considérer que tous nos comportements (ce qu'on tape au clavier, la manière dont on déplace la souris, où nous nous déplaçons dans la rue, avec qui on communique, etc) sont forcément analysés et exploités par les géants du numérique comme Google.
Monopole et contrôle des infrastructures
Les géants du numérique profitent de leur position dominante et leur profits colossaux pour écraser toute tentative de concurrence. Il est fréquent et presque systématique que lorsqu'une nouvelle solution numérique apparaisse, celle-ci est rachetée et intégrée dans l'offre de services des GAFAM, empêchant ainsi un nouvel acteur de marcher sur les plate-bandes des géants tout en améliorant l'offre de ceux-ci.
Non-contents de leur offre de service pour le grand public, les GAFAM cherchent aussi à prendre le contrôle de l'ensemble des infrastructures du numérique. Câbles sous-marins, puissance de calcul et stockage dans le cloud, outils pour développeurs… L'immense majorité d'internet est aujourd'hui directement ou indirectement dépendante d'un des géants du numérique.
Cette situation hégémonique pose de réels problèmes démocratiques, permettant aux géants du numérique et aux États-Unis, pays de résidence de ces entreprises, d'avoir un poids immense dans les négociations géo-politiques.
Quel pays, aujourd'hui, peut faire plier Google à sa volonté quand 80% des infrastructures numériques dépend de lui ?
Impacts sociaux et environnementaux
Puisque l'objectif des GAFAM est d'accroître toujours plus leurs profits et leur capacité de domination, ils ont la nécessité d'agrandir leurs infrastructures physiques pour assumer leurs ambitions. C'est pourquoi, au lieu de réduire leur croissance voir même décroître comme cela serait nécessaire pour faire face aux enjeux climatiques de notre époque, ces entreprises adoptent une stratégie opposée, d'hyper-croissance, accélérée d'autant plus avec l'essor de l'intelligence artificielle.
Pour construire et faire tourner ces infrastructures, ces entreprises choisissent d'exploiter des populations dans de nombreux pays du monde, notamment en crise, afin de bénéficier de main d'œuvre (parfois mineure) à bas coût et de faibles engagements en terme de sécurité des employé·es. Aussi, l'extraction et la transformation de terres rares entraîne la dévastation de la biodiversité de ces territoires.
Cette forme de néo-colonialisme et d'esclavagisme moderne ne s'arrête pas à l'extraction des terres, on la retrouve aussi dans les chaînes de production, les dépôts logistiques ou encore à travers l'exploitation de travailleurs et travailleuses du clic, entraînant les intelligences artificielles à se plier aux conditions d'utilisation de l'occident.
Privatiser les profits, socialiser les pertes
Les GAFAM font des profits monstrueux grâce à l'exploitation de ce que les sociétés civiles produit. Cette exploitation a de nombreuses conséquences et un coût (financier, humain, environnemental) particulièrement élevé. Dégâts psychologiques, impact sur la biodiversité et le climat, recul de la démocratie… toutes ces conséquences sont imposées et assumées par la société civile, sans que les GAFAM daignent accepter en prendre la responsabilité. En revanche, les profits ne sont eux jamais redistribués…
